Resident Evil Requiem (PC, PS5, Xbox Series)

 

Publié le Vendredi 27 février 2026 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

Resident Evil Requiem (PC, PS5, Xbox Series)

Ben moi, j'ai pas aimé

imageCette année, la licence Resident Evil fête ses 30 ans. Voilà 30 ans que les joueurs arpentent les rues de la ville au nom le plus ridicule de l’Histoire du jeu vidéo, parce que je vous rappelle que Raccoon City, ça veut tout simplement dire « la ville du raton-laveur », et qu’ils ont appris à détester Umbrella Corporation (la compagnie des parapluies) responsables de la transformation d’humains en zombies à cause du Virus T.

Et si l’histoire du mal résident a évolué au fil des aventures, des jeux, des films (Milla Jovovich, on en parle ou pas ?), des personnages créés, le succès a toujours été (plus ou moins) au rendez-vous. Il s’agit indubitablement de la saga d’horreur la plus populaire dans le jeu vidéo, ou du moins la plus connue.

Resident Evil Requiem est sorti.

On va y suivre en parallèle l’histoire de Grace Ashcroft, jeune analyste du FBI, envoyée mener l’enquête dans l’hôtel Wrenwood, où un corps a été retrouvé. Un corps qui comporte les mêmes stigmates que d’autres corps trouvés précédemment, laissant présager le retour du Virus T… Manque de bol, c’est ici-même, dans cet hôtel, que sa mère a été assassinée huit ans auparavant.
Et on suivra aussi l’histoire de Leon S. Kennedy, l’un des survivants de l’accident de Raccoon City, agent spécial, envoyé sur place pour les mêmes raisons…
Grace va découvrir que toutes les victimes sont en fait des rescapés de Raccoon City. Et Leon sait ce qui se passe : le Virus T les tue à petit feu. Lui-même se sait condamner, en témoignent les marques noires qui apparaissent sur son corps…

Kidnappée, Grace est emmenée dans le centre médical de Rhodes Hill. Leon, qui a assisté à la scène, se lance à sa recherche. 


imageDeux personnages, deux gameplays différents. Autant Grace est dans l’exploration, la furtivité, même si elle trouvera quelques armes pour se défendre, autant Leon est dans le bourrinage, à buter du zombie sans état d’âme, Eric.

Resident Evil Requiem est sorti. Et pour le pire et le meilleur, c’est une sorte d’hommage à la saga, à ses débuts…

Pour le meilleur parce que niveau ambiance, il faut bien le dire, le jeu assure ce qu’il faut. Découvrir les pièces délabrées et angoissantes de Rhodes Hill est un petit plaisir malsain. La progression est lente. L’atmosphère est lourde. Les zombies rôdent à Rhodes. Grace explore les lieux, elle récolte des ressources, cherche des clefs, fabrique des objets, chope quelques armes par-ci par-là… Elle prend son temps. On sent sa vulnérabilité et à tout moment, la mort guette. Il faudra parfois prendre le parti d’éviter l’affrontement… Et quand il est inévitable, il n’est jamais simple.

imageLeon, lui, flingue à tout va. On est dans l’action. Quelques passages sont cotons, quand notamment vous tombez sur des boss, mais il massacre les zombies à tour de bras. Pas un sursaut, pas un seul moment de flippe, on est dans l’action pure et dure. 

Notez que le jeu vous propose de jouer en version subjective (façon FPS) ou extérieure (façon TPS). Il recommande d’ailleurs la première pour Grace et la deuxième pour Leon. Mais vous choisirez ce qui vous convient le mieux.

Enfin, les aventures de nos deux protagonistes nous renverront à Raccoon City, pour un petit plaisir nostalgique. 

Passer de l’un à l’autre permet de vraiment rythmer le jeu et éviter une certaine lassitude. 

On retrouve plein de petits clins d’œil qui devraient ravir les fans de la première heure. 


imageEn attendant, il faut bien avouer que tout aussi réussi soit-il dans son hommage à la saga tout entière, Resident Evil Requiem m’a profondément gonflé. Et la liste des reproches à lui faire est longue.

Le scénario, en premier lieu. Il passe franchement au second plan. Assez creux, il n’arrive jamais à totalement nous scotcher. Les personnages manquent de profondeur, dans cet épisode, et les ennemis d’envergure. On reste donc sur notre faim, d’un point de vue narration. 

Il y a aussi un vrai souci de mise en scène. Tenez, dès les premières minutes du jeu, alors que Grace se promène dans la rue. On s’arrête, on regarde autour de soi parce que, quand même, il est beau ce jeu et… voilà qu’elle se met à glisser en avant toute seule. La raison ? Les passants qui lui rentrent dedans et la déplacent sur le trottoir. C’est un détail, mais ça fait vraiment con, surtout pour un jeu en 2026.
Toujours dans la mise en scène : Grace sursaute constamment, pousse des petits soupirs apeurés, à chaque bruit, objet qui tombe, rat qui détale, corbeau qui s’envole… Ok, ça marche une fois, vous sursautez aussi. Au bout de la troisième fois, ça ne fonctionne plus du tout. Ça en devient même pénible. 

imageJ’ai aussi tiqué sur la lourdeur du gameplay. Ok, c’est la marque de Resident Evil… En 1996, je veux bien. Aujourd’hui, des personnages qui sont d’une raideur hallucinante, ça casse l’immersion. On le ressent moins en jouant en vue subjective. Mais ça ne règle pas tous les problèmes, loin de là… Bref, Resident Evil, c’est lourd et lent. Même moi, avec mon surpoids et mon genou en vrac qui m’empêche de faire du sport depuis 5 mois, je les fumerais à la course. Au risque de déplaire aux puristes, il serait quand même temps que la saga abandonne définitivement ce gameplay « so 2000 » pour quelque chose de plus moderne. Parce qu’en fait, les poursuites avec les zombies, on a juste l’impression d’assister à un cent mètres dans un EPHAD. Et puis bon, globalement, l’IA est souvent aux fraises.


imageIl y a plein de petits trucs pénibles, d’ailleurs, dans le scénario et la mise en scène de Resident Evil Requiem qui n’ont cessé, tout au long du jeu, de me faire tiquer. Le personnage de Grace qui se retrouve bloquée, incapable de bouger, parce qu’elle a coincé sa manche dans un… chariot à roulettes… qui donc ne bouge pas ? Des objets simples comme des cartons que n’importe quel cul-de-jatte pourrait enjamber, mais pas les personnages… Des passages bloqués sans raison… sans oublier cette manie d’indiquer systématiquement, de loin, tous les tiroirs que l’on peut ouvrir, les endroits que l’on peut fouiller… pourquoi sur une commode à deux tiroirs, un seul peut être ouvert, d’ailleurs ? Pourquoi cette restriction ? Là aussi, ça casse l’exploration et facilite le jeu… Il y a plein de moments où l’on se dit que si, dans la vie réelle, on pourrait passer par tel endroit, défoncer cette porte pourrie et sauter par-dessus cette pauvre pierre… mais non. C’est bloqué. Na.

Resident Evil Requiem vous occupera une bonne douzaine d’heures, au final. Mais il ne m’a pas convaincu. Malgré les innombrables clins d’œil à la saga, toute la saga, je suis clairement resté sur ma faim. 

imageUn manque d’envergure global, un manque de renouveau, notamment sur son gameplay définitivement suranné, ont achevé mon intérêt pour le jeu.

Un jeu qui devrait toutefois ravir les inconditionnels : déjà, c’est super beau. Cheveux mis à part, les personnages ont de la gueule (les zombies, surtout). Les effets sont bien foutus. Les lumières magnifiquement gérées. Les décors sont réussis. On en prend plein les yeux (attention toutefois… même sur Intel Core i7-14700KF, 32 Go de RAM, Nvidia GeForce 4070 Ti Super, j’ai eu droit à quelques ralentissements…). Il y a du fan service à tous les étages, ad nauseam.

Bref, si vous voulez une ode à toute la saga Resident Evil, Requiem est fait pour vous. Si vous cherchez un jeu moderne, intelligent, prenant… passez votre chemin.

imageimage

 

 
image

 

 

 

 

Test précédent - Home - Test suivant

 

Resident Evil Requiem (PC, PS5, Xbox Series)

Plateformes : PC - PS5 - Xbox Series

Editeur : Capcom

Développeur : Capcom

PEGI : 18+

Prix : 69,99 €

Aller sur le site officiel

Resident Evil Requiem (PC, PS5, Xbox Series)

LA NOTE

LA NOTE DES LECTEURS

note 7/10

Aucune note des lecteurs.
Soyez le premier à voter

Cliquer ici pour voter

 

 

0