Crimson Desert (PC, PS5, Xbox Series)

 

Publié le Jeudi 2 avril 2026 à 11:00:00 par Cedric Gasperini

 

Test Crimson Desert (PC, PS5, Xbox Series)

Un jeu fabuleux, fabuleusement raté

imageFort du succès de son MMORPG, Pearl Abyss a décidé de surfer sur le même univers et de développer… un nouveau MMO. Transformé finalement en jeu solo, Crimson Desert a pu bénéficier de la richesse de son aîné, de sa profondeur aussi, et les développeurs se sont engouffrés dans un jeu-fleuve, à la richesse impressionnante. 

Au fil des bandes-annonces, l’attente a grandi autour de Crimson Desert, que l’on voyait déjà comme le nouveau The Witcher. En plus grand. En plus beau. En plus foisonnant. 

Crimson Desert, c’est l’histoire de Kliff. Kliff est un leader du Clan des Crinières Grises. Après une attaque de leurs ennemis jurés du Clan des Ours, les Crinières Grises sont massacrées, les survivants éparpillés aux quatre coins du continent de Pywell et notre ami Kliff, éventré et égorgé, chute d’une falaise pour aller mourir dans les eaux tumultueuses de la rivière en contrebas. 

Mort, Kliff ? Après une petite séance de parkour dans un temple abandonné, le voilà qui revient à la vie. On le retrouve, sauvé par un gentil artisan, qui toutefois lui conseille de rester tranquille sinon ses blessures vont se rouvrir et, de toute manière, il est trop faible pour entreprendre un voyage maintenant. Deux secondes après, Kliff découpe deux malandrins venus chercher des noises à son ami et part à cheval dans la ville d’à-côté. Je veux bien que les héros guérissent vite, mais bon…

On vous rassure, le scénario et l’écriture ne sont pas les points forts de Crimson Desert. Durant une petite centaine d’heures, moins si vous préférez en finir vite, vous allez suivre notre héros dans sa quête de vengeance. Il va déjà falloir retrouver les alliés tout en défonçant du Clan des Ours au passage, puis finalement sauver le monde dont la réalité se tord avec le monde des Abysses, crachant des monstruosités à tout va.


imageUn scénario cousu de fil blanc, franchement banal pour qui connaît un peu les rouages de l’Heroic-Fantasy, et loin d’être palpitant, vous attend durant l’aventure.  Ça ne serait pas si problématique, parce qu’après tout, l’histoire de Conan est ultrabasique mais ça reste un film formidable, si les dialogues n’oscillaient pas entre le cliché, le sans-intérêt et le pénible. Une écriture en-dessous des standards escomptés, que ne relève pas un héros fade et auquel on ne s’attachera jamais. Mais pourquoi ne nous a-t-on pas laissé la possibilité de créer son propre personnage ? C’est sans doute la plus grosse erreur de Pearl Abyss sur le jeu.

Durant toute l’aventure, on va croiser des personnages sans intérêt, sans réelle âme, dont beaucoup se contenteront de vous répéter inlassablement les mêmes phrases, comme dans un vieux jeu des années 90 ou 2000.

imageCe ratage général niveau histoire et ambiance est d’autant plus dommage que le monde est foisonnant, immense, passionnant à lui-seul. L’exploration est énorme, sans fin, le contenu est faramineux, la richesse de la proposition est gigantesque. On s’émerveille devant ces différentes régions, aux ambiances singulières. Crimson Desert, c’est avant tout un voyage. On voit à perte de vue le monde s’étaler devant soi. On devine qu’il faudra en fouler chaque recoin. Que l’aventure vous attend à chaque bosquet. C’est beau, c’est impressionnant de maestria. C’est une claque. 

Mais c’est foiré.

La faute à une partie Game Design complètement ratée, à tous les points de vue. On a déjà parlé de la narration. On va parler du reste…

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imageDéjà, on se colle un personnage d’une lourdeur assez déplaisante, parfois incapable de grimper sur un simple caillou, et dont chaque mouvement est pénible, pesant, comme s’il était chargé comme une mule ou perclus de rhumatismes. Même quand il court, en fait, il trottine. Mais soit. On pourrait encore passer, si les touches n’étaient pas si mal réparties, mal pensée, mal gérée. Exemple : La touche pour s’adresser à quelqu’un est la même que la touche pour sauter. Sauf qu’il faut appuyer brièvement pour sauter et laisser appuyer pour sélectionner l’interlocuteur. Je parie que, comme moi, vous allez passer votre temps à sauter au lieu de réussir à dialoguer. D’autant plus qu’il faut, pour s’adresser à lui, être bien positionné, bien en face, dans le bon angle. S’il bouge (c’est souvent le cas), si quelqu’un passe devant vous et vous pousse ou le pousse (c’est très souvent le cas), vous vous retrouvez à ne plus pouvoir le sélectionner. Donc vous sautez.

C’est un détail, me direz-vous. Mais qui compte : comment en 2026 peut-on faire ce genre de choix foireux ? Parce que ce n’est pas le seul. Tout le gameplay est horrible à ce même niveau. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai chopé un passant par le cou pour m’en servir de bouclier humain alors que je voulais simplement lancer une action pour faire avancer le scénario…

imageEt on peut continuer les critiques : l’interface manque de lisibilité. Les quêtes sont innombrables, mais sans relief, sans vrai intérêt et, surtout, vous obligent à d’incessants allers-retours chiantissimes à la longue. Elles deviennent dans leur structure, relativement répétitives et, incontestablement inintéressantes… mais nécessaires pour progresser. 
Il y a également quelques énigmes, parfois frustrantes, toujours assez coton, et il faudra en passer d’abord par la chance, puis par les solutions données par les autres joueurs sur le net, et enfin par l’habitude, pour les réussir. 
La gestion de l’inventaire est également calamiteuse. 

Et enfin, si la progression via un arbre de compétences permet de débloquer de nouveaux coups, de nouveaux mouvements… on se rend compte finalement qu’il suffit de bourriner ce qu’il faut, sans réelle tactique, pour venir à bout de n’importe qui et n’importe quoi. Et si vous mourrez face à un boss, ce ne sera pas parce que vous n’aviez pas la bonne stratégie, mais simplement parce que vous n’étiez pas assez fort, vous n’aviez pas assez progressé et rempli de quêtes annexes à la con. C’est tout.

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Même en ce qui concerne les camarades que l’on va retrouver au fil de l’aventure, l’intérêt se fait attendre… On se cantonne à les envoyer dans des quêtes basiques, sans réellement échanger avec eux, sans rien partager d’autre que des ordres.
Deux alliés sont plus importants que les autres : Damiane et Oongka, puisqu’ils seront jouables, chacun avec ses particularités. Ils auront leur propre arbre de compétences, d’ailleurs. Mais pas de quoi relancer l’intérêt du jeu, ni en modifier de manière importante le gameplay. Et on ne s’y attache pas plus que le personnage principal. 

imagePour terminer, sachez que la traduction française est relativement pourrie. C’est pour sûr du Chat GPT dans sa version alpha. 

Bref. Il y aurait encore beaucoup à dire sur Crimson Desert. En bien comme en mal. Retenez simplement que ce fut une énorme déception. Je me suis fait chier comme un rat mort sur ce jeu, à finalement le laisser tomber, me forcer à y revenir pour pouvoir avoir assez de matière pour le test, l’abandonner à nouveau parce que je n’en pouvais plus, me forcer à y revenir… mais quelle tannée ! Quelle plaie !

Oui, le jeu est beau. L’un des plus beaux jeux. Il est d’une richesse folle. Le monde y est dingue. Et c’est d’autant plus frustrant d’avoir pondu un jeu tellement imparfait, si raté d’un point de vue gameplay, si chiant à jouer, à l’ergonomie indigne d’un jeu d’une telle envergure, si inintéressant d’un point de vue scénaristique, avec des personnages si fades…

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Crimson Desert (PC, PS5, Xbox Series)

Plateformes : PC - PS5 - Xbox Series

Editeur : Pearl Abyss

Développeur : Pearl Abyss

PEGI : 18+

Prix : 69,99 €

Aller sur le site officiel

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