L'Edito du Dimanche

 

Publié le Dimanche 1 février 2026 à 12:00:00 par Cedric Gasperini

 

L'Edito du Dimanche

Pâte à crêpes

imageJe vous ai déjà parlé de mes soirées crêpes.

Ces moments désormais mythiques qui se terminent toujours en catastrophe, à mi-chemin entre l’abandon de soi et l’abandon de toute dignité humaine.
Pour les plus infidèles d’entre vous qui n’ont jamais suivi mes pérégrinations crêpières, petit rappel des faits : les crêpes, à la maison, c’est moi. Personne d’autre n’a le talent ni, plus probablement, la patience de s’y coller. Mais attention, quand je fais des crêpes, je ne prépare pas deux ou trois galettes pour un encas frugal. Quitte à y aller, autant y aller à fond : je prépare un gros saladier de pâte et j’enquille les fournées à un rythme endiablé. Bientôt, la répétitivité de la tâche doublée d’une chaleur montante en raison du feu de la gazinière qui crache ses flammes à fond, me pousse à m’abreuver. Et comme j’ai lu que boire trop d’eau peut être mauvais pour la santé, je me mets bien avec un petit verre de whisky. Qui en appelle un autre. Qui en appelle encore un de plus… 

Faire des crêpes, c’est long. Surtout quand on a un gros saladier de pâte. Et bientôt, le petit moment de détente au whisky se transforme en grosse murge une fois la bouteille (qui était forcément neuve au début de la séance) vidée. Et c’est là qu’on bascule, justement, de l’abandon soi à l’abandon de toute dignité humaine.

imageVendredi soir, c’était soirée crêpes. Avec un bémol toutefois… Le petit copain de ma gamine a déménagé à quelques centaines de kilomètres de là et, malgré l’éloignement et le temps qui passe, leur relation dure. Comme c’est un p’tit gars bien, bien élevé et respectueux comme il faut, j’accepte, dans ma grande mansuétude et mon incommensurable bonté, qu’il débarque parfois le temps d’un week-end. Comme ce week-end.

Ma gamine et ma chère, tendre et aimante épouse m’ont donc briefé toute la semaine à ce propos : soirée crêpes, d’accord, mais pas comme d’habitude. On a un invité, on se tient bien, on montre le visage d’une famille respectable parce que, hein, bon, sinon, qu’est-ce qu’il va bien pouvoir penser le pauvre.

Moi, perso, je me suis toujours trouvé respectable. Même avec une plume dans le cul et des serre-tétons en cuir clouté, en train de faire la poule, je ne vois pas en quoi ça me rend moins respectable. Et même si je me mettais à touiller la pâte avec ma bite, je resterais toujours plus respectable qu’un électeur du RN, alors bon. 

Ma gamine et ma chère, tendre et aimante épouse m’ont lancé un de ces regards qui signifie que je ferais mieux de baisser les yeux et de répondre « oui, oui, absolument, vous avez raison, je vais faire un effort ». Alors j’ai baissé les yeux et j’ai répondu « oui, oui, absolument, vous avez raison, je vais faire un effort ». J’sais pas qui porte la culotte à la maison, mais plus ça va, plus j’ai l’impression de reculer dans la hiérarchie du slip.

Et vendredi soir est arrivé. Et le petit copain aussi. Et j’ai fait des crêpes. Un plein saladier.

imageAu bout d’un moment, mais en restant raisonnable, je me suis quand même servi un p’tit verre de whisky. Parce que je veux bien faire des efforts, mais la répétitivité de la tâche doublée d’une chaleur montante en raison du feu de la gazinière qui crache ses flammes à fond, ça donne soif. Sauf que cette fois-ci, j’en ai aussi servi un à ma chère, tendre et aimante épouse. Au moins, quand elle boit, elle ne critique pas mon déhanché à la Elvis Presley.

Oui parce que je fais les crêpes en musique. Et au bout d’un moment, la musique m’entraîne et je me déhanche devant la gazinière. Au bout d’un moment et de deux ou trois verres, en l’occurrence. 

Finalement, au trois-quarts du saladier et une bouteille et demie plus tard (je vous rappelle que je n’étais pas seul à boire), je crois que je me suis un peu trop abandonné, comme dirait l’autre. En tout cas, j’ai abandonné mon pantalon qu’on a retrouvé le lendemain dans le jardin, alors que je n’ai aucun souvenir d’y être allé. Paraît que j’ai fini debout sur la table de la cuisine à apprendre au gamin comment faire l’hélicobite et que j’ai passé mon temps à balancer de la pâte à crêpes sur le chat. Et aussi que je chantais toutes les chansons en décalé, avec une de retard. Ce qui est une prouesse, cela dit. Paraitrait aussi que j’ai voulu faire une roue et je me suis éclaté dans les plantes. Mais là, j’ai comme un doute parce que je suis vachement fort en roue. Et enfin, je suis sorti dans la rue, toujours en slip, pour coller des pétards dans toutes les boîtes aux lettres de la rue. Même la mienne. Comme quoi, des fois, j’suis un peu con.

Enfin bref. Samedi matin, je me suis réveillé avec un mal de crâne comme je n’en avais pas eu depuis trèèèèès longtemps. Depuis la dernière soirée crêpes, en fait. Ma gamine me fait la gueule. Son copain me regarde avec un mélange de crainte et de totale admiration et ne m’appelle plus « Monsieur » mais « Maître Cedric ». Quant à ma chère, tendre et aimante épouse, elle est mitigée parce qu’elle s’est endormie tôt dans la soirée et n’a donc pas été témoin de tous mes débordements. Mais elle est quand même emmerdée pour les plantes cassées. Moi j’lui répondrais bien que quand on ne tient pas l’alcool, on évite d’accuser les autres, mais j’ai comme l’impression que j’ai intérêt à faire profil bas pendant quelques temps…

Non mais ce qui m’emmerde le plus, c’est qu’en fait, on n’a pas de chat.

Alors sur qui j’ai balancé de la pâte à crêpes ?

Smiley bisou. Cœur. Cœur. Aubergine.

 

 
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